LA MEDITERRANEE VUE PAR LES MAROCAINS - Introduction - Abdelmajid KADDOURI


INTRODUCTION

Il est un fait que le Maroc, carrefour des mers, dispose de deux façades maritimes la Méditerranée - d'une part - berceau de multiples civilisations et foyer des religions monothéistes et -d'autre part- l'Atlantique , espace de contacts millénaires.

Pour leur part, les Marocains se sont intégrés très tôt en tant qu'acteur dynamique dans la construction de ces espaces méditerranéens, desquels le Maroc prit racine et ombrage, puisant ainsi dans les plus anciennes civilisations d'Afrique 'et du bassin méditerranéen : il joua, pour ainsi dire, le rôle de relais et de zone d'échange entre le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest de la mer intérieure.

 

Ces contacts et ces échanges ont été à l'origine d'une symbiose de cultures et de civilisations que symbolise l'Occident musulman. En effet, le Maroc occupa une place primordiale dans l'élaboration et la construction de l'identité de cet espace. Pour appuyer ce qui précédé, il suffit d'évoquer le toponyme de Jabal Tarek et de rappeler son importance en tant qu' axe de communication, de contacts et d'échanges entre des cultures et des civilisations de part et d'autre de la Méditerranée comme en témoignent la Giralda et sa soeur jumelle la Koutoubia. A juste titre, ces deux monuments constituent -chacun à sa manière- le symbole des apports incontestables d'un Maroc dynamique et entreprenant, capable d'être à l'origine de créativité dans tout le bassin méditerranéen. Peut-on concevoir cette créativité entreprenante en présupposant l'ignorance par les marocains des choses relatives à la Méditerranée?

 

En tant qu'acteur responsable, le Maroc a dû subir les méfaits de son expansion : la reconquista et l'expansion ibérique ont été à l'origine de son repli sur soi. Néanmoins, ce repli n'a affecté en rien les interférences et les interactions culturelles et civilisationnelles entre les deux rive de la Méditerranée. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, ces contre offensives ont façonné la personnalité marocaine qui se veut d'abord et avant tout être une identité méditerranéenne ouverte, tolérante et en perpétuelles mutations du fait des circonstances et des contextes.

Il serait alors, intéressant de s'arrêter sur l'histoire même de la notion de Méditerranée comme frontière et étudier les mécanismes qui ont été à l'origine de la construction de cette identité aux traits communs. Cela doit être effectuer dans une perspective comparative car une mise en parallèle entre le nord et le sud de cette, mer va permettre de comprendre comment le concept même de la Méditerranée a été élaboré.

Autrement dit, nous devons tenter -chacun le fera dans la dynamique et dans la logique des références qui l'animent - d'approcher le passage de la Méditerranée frontière aux continents. Afrique/Europe au pays méditerranéens semblables géographiquement et différents culturellement.

Les représentations de la Méditerranée- programme ambitieux - relèvent, comme chacun sait, de l'histoire des mentalités. Ces visions doivent être conjuguées au pluriel non seulement entre les différents pays dits méditerranéens mais aussi a l'échelle de chacun de ces pays. Les riverains de cette mer c'est-à-dire les habitants du Nord du Maroc se représentent-ils. La Méditerranée de la même manière que ceux de l'intérieur du pays ?.

Au niveau social, la vision d'Al Khassa (l'élite) est-elle identique ou différente de celle d'Al " AMMA " ? Ne trouve t-on pas des attitudes différentes à cet égard à l'intérieur même d'une seule catégorie sociale?.